Convoqué, contre toute attente, pour la Coupe du monde, Saliou Ciss revient de loin. Pourtant, l’arrière gauche de Valenciennes a très tôt intégré la Tanière des Lions, dans la foulée d’une belle participation aux Jeux Olympiques Londres 2012, faisant de lui un des fidèles soldats d’Aliou Cissé.

Ce jeudi 17 mai 2018, quand Aliou Cissé annonce, face à la presse, la liste des 23 joueurs sélectionnés pour défendre les couleurs du Sénégal en terre russe, c’est le nom de Saliou Ciss qui capte davantage l’attention. C’est que l’arrière gauche de Valenciennes revient de loin. De tellement loin que très peu d’observateurs l’avaient encore en repérage dans leurs rétroviseurs. A son poste, les nombreux candidats semblaient avoir une certaine longueur d’avance d’autant plus que Saliou Ciss avait été absent lors des deux matchs amicaux du mois de mars, respectivement contre l’Ouzbékistan et la Bosnie. Peu utilisé cette saison en club durant la première partie de la saison, freiné par moments par une blessure, le joueur formé à l’Institut Diambars a finalement déjoué tous les pronostics en compostant son ticket pour la Coupe du Monde Russie 2018, coiffant au poteau des concurrents de la trempe d’Armand Traoré, Pape Ndiaye Souaré ou encore Adama Mbengue

Le Mondial, sur le fil du rasoir

Ce jeudi 29 juin 2017, quand Saliou Ciss, en provenance de Valenciennes (Ligue 2 française) va apposer sa signature sur le contrat que lui propose le SCO d’Angers (Ligue 1 française), c’est dans l’idée de valider la saison par une progression certaine qui serait récompensée par une plus grande régularité en sélection nationale, lui qui a souvent été appelé sans forcément avoir la chance de jouer. Le pari semble réfléchi. Titularisé une seule fois sur les six rencontres de l’équipe nationale en 2017, Saliou Ciss retrouve même la joie des onze de départ dès les deux matchs suivant sa signature à Angers, les 2 et 5 septembre 2017, lors de la double confrontation contre le Burkina Faso, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2018. Mais cette joie est de courte durée. De retour à son club, le SCO d’Angers, il fait face à une concurrence accrue et des choix de l’entraîneur qui le place plus souvent sur le banc. Au bout de six mois, la fiche de Saliou Ciss n’est pas belle à voir. Elle est presque vierge. Avec quatre matchs disputés en championnat, dont 2 seulement dans la peau d’un titulaire, Saliou Ciss sait qu’il doit faire mieux pour espérer entretenir la flamme d’une participation à la Coupe du monde à laquelle le Sénégal s’est qualifié pour la deuxième fois de son histoire.

La décision de changer d’air est alors prise. Pour ne pas aller une nouvelle fois à l’aventure et surtout pour ne pas se risquer à un autre fiasco, Saliou Ciss retourne à son club précédent, Valenciennes, où il a déjà ses repères. Choix pertinent. En cinq mois, il renverse la tendance en multipliant pratiquement par cinq son temps de jeu par rapport à la première partie de saison (avec 1020 minutes en 11 matchs disputés avec Valenciennes entre janvier et mai 2018, contre 266 minutes en 5 matchs avec Angers entre août et décembre). Juste, mais suffisant pour s’engouffrer dans la brèche ouverte dans le couloir gauche de l’Equipe nationale du Sénégal, dont les différents occupants partaient plus ou moins sur la même ligne, tous retardés par leur faible temps de jeu ou leur longue absence de la sélection.

Fidèle d’Aliou Cissé, depuis les JO de Londres

Ce jeudi 28 juin 2018, quand les « Lions » s’apprêteront à disputer leur troisième match de poule dans la 21e édition de la Coupe du monde, Saliou Ciss pourrait retrouver une vieille connaissance sur son chemin sinueux. Pourtant, ce joueur de poche (le plus petit de la Tanière, par la taille avec 1,75 mètre et 69 kilos), a très tôt intégré la Tanière. Titulaire quasi indiscutable lors des Jeux Olympiques de Londres 2012 durant lesquels il se faisait notamment remarquer lors du match contre la Grande Bretagne par un tacle sur le Britannique Ryan Giggs qui avait déclenché une petite bagarre entre les deux équipes, Saliou Ciss fait partie des fidèles relais d’Aliou Cissé. Dans la foulée de la qualification aux JO 2012, il fait même partie du lot de joueurs de moins de 23 ans qui décrochent une première sélection quelques mois plus tard, le 14 novembre 2012, lors du match amical dirigé par Joseph Koto à Niamey, face au Niger (1-1). Polyvalent, le défenseur formé à l’Institut Diambars a souvent été trimballé de gauche à droite, devant et derrière, occupant ainsi tous les postes latéraux, mais aussi, accessoirement, celui de défenseur central, comme du reste lors de sa première sélection où il a fait la paire dans l’axe avec Lamine Sané, entouré des latéraux Cheikh Mbengue et Victor Bindia. Irrégulier à ses débuts dans la Tanière, Saliou Ciss est ensuite resté près de deux ans et une dizaine de rencontres manquées sans être rappelé. Son retour s’effectuera en mai 2014, en rejouant 90 minutes lors d’un fameux déplacement en Argentine pour affronter… les Cafeteros de la Colombie (2-2). Des adversaires qu’il pourrait retrouver, quatre ans après sa deuxième sélection. Pour ça, il faudrait qu’il se remette de ses petits pépins physiques qui l’ont privé des deux derniers matchs amicaux mais aussi qu’il arrive à se remettre au niveau de son concurrent direct, Youssouf Sabaly, le droitier qui dépanne à gauche. Ce qui n’est pas une si mince affaire…

 

Saliou Ciss

Etat-Civil : Né le 15 septembre 1989 (28 ans) à Dakar.

Taille : 1,73 m

Meilleur pied : gauche

Poste : Arrière gauche.

Club actuel : Valenciennes (Ligue 2 France, prêt depuis janv. 2018) (16 matchs, 3 buts, 2 passes cette saison)

Formation : Institut Diambars de Saly (2006-2010)

Parcours : Tromso (Norvège, 2010-2013), Valenciennes (France, 2013-2017), Angers (France, juil. 2017-janv. 2018)

Sélections : 17 sélections (1 passe décisive).

Première sélection : Sénégal – Niger (1-1, buts de Sadio Mané pour le Sénégal et de Sidibé pour le Niger), le 14 novembre 2012 à Niamey, match amical.